Museum Avignon
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Le Mont Ventoux de la légende à la réalité.
Mont Ventoux, flanc nord. Cliché E. CREGUT-BONNOURE.
Le Mont Ventoux, de la légende à la réalité.
Jusqu'au XVIII° siècle, le Mont Ventoux a effrayé et inquiété les populations. On a parfois pensé qu'il était peuplé de tout un bestiaire fantastique (gnomes, farfadets...) et on a même dit que la Baume de la Méne, grotte de la face nord, était une porte ouverte sur le monde infernal, véritable "observatoire central du Démon". Malgrè cette réputation les charbonniers, bergers et cueilleurs de simples des villages des piémonts ainsi que des scientifiques fréquentèrent ses pentes pour exploiter et connaître ses ressources naturelles. Dès 1561, le botaniste Anguillaria vint herboriser sur ses pentes. Cent ans plus tard, la première étude botanique est donnée par les frères Platter. De nombreux savants et amateurs fortunés gravirent le Ventoux en vue d'en déterminer la hauteur. En effet, vu de loin, le sommet calcaire, dépourvu de végétation, paraît recouvert de neiges éternelles, signe incontestable d'une importante altitude. Chacun prend plus de précautions que le prédécesseur, emporte le baromètre dernier cri et y va de sa mesure! Il va sans dire qu'aucune ne concorde.

Le XIX° siècle ouvre la voie à de nouvelles études scientifiques. Ce sont les botanistes qui oeuvrent à nouveau. Ils narrent leurs pérégrinations et leurs découvertes, parfois par trop spectaculaires pour être exactes, dans de nombreux ouvrages. Cette masse "alpine" les inspire et donne libre cours à une imagination fertile.

Jean-Henri Fabre ne donne t-il pas les noms très imagés de saxifrage du Spitzberg et de pavot du Groenland à deux plantes qui, bien qu'elles se rencontrent au delà de 1000 m d'altitude, n'ont rien à voir avec ces régions éloignées et froides? Cette idée du caractère alpin du Ventoux demeure encore très tenace aujourd'hui bien qu'on la sache partiellement fausse. Comme le précise J. Blondel "ce massif présente davantage d'affinités avec la Grande-Chartreuse qu'avec le Vercors ... l'avifaune ...présente beaucoup plus d'affinités avec le groupe de montagnes méditerranéennes (Luberon, Sainte Victoire, Alpilles) qu'avec celui des préalpes en dépit de l'importance, non négligeable au Ventoux, d'éléments biogéographiques boréaux et montagnards absents du groupe méditerranéen" ( 1978).
Ce projet a été co-financé par l'Europe (Fonds Européen de développement régional).
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